"Mon cœur écris-moi, écris-moi, je ne sais pas pourquoi tu ne m’écris pas. Il faut que je retienne l’appartement. J’ai préparé un tas de choses et même acheté un coquetier en buis sculpté autrefois par un forçat de Toulon et qui représente une fois la Cène et de chaque côté la Flagellation. Je ne sais plus que penser. Je suis triste ? Je n’écoute plus les cours avec ardeur, je m’embête, ma Lou m’oublie-t-elle ? C’est insensé ce qu’on peut être inquiet. Qu’est-ce qu’il y a ? Tu es partie dans un tel état de surexcitation que je me demande ce qui est arrivé à tout point de vue." Étonnement d’Oriane (crayon carandache bleu roi) : ces militaires, tous les mêmes, dès qu’ils sont en garnison, ils ne rêvent qu’à leurs femmes ou maîtresses (les deux parfois) et les harcèlent de lettres plus ou moins intéressantes. Et ces fantasmes de flagellation!… J’ai connu cela de si près… Je suis étonné de voir à quel point ces lettres ressemblent aux lettres d’amour que publie Marc Hodges dans Le sens de la vie ou dans Trajectoires. En voilà un qui sait lire…
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